PHILIPS
Le célèbre designer marocain Hicham Lahlou, bien connu pour ses créations d’objets, a été
choisi pour donner un nouveau look à la cité marocaine. Agadir constitue une expérience
nouvelle englobant design, éclairage et mobilier urbain.
Comment avez-vous établi le lien entre la conception d’objets et le design urbain ??
Hicham Lahlou – Pour ma part, j’ai toujours pensé que l’industrie ne pouvait pas exister
sans le design. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai toujours réalisé des objets utiles
et c’est aussi ce qui m’a inspiré lorsque j’ai créé la première agence marocaine de design
pluridisciplinaire en 2004. J’ai essayé de montrer au travers de mon travail que le design
détenait la clé de la reprise de l’économie et de l’industrie ; il est une stratégie nécessaire
pour une entreprise, une ville ou même un pays. Le design est à la fois une méthode, un
outil, une façon de penser et un moyen de développement qui sert la production. Je crois
aussi que le design c’est surtout se mettre dans la peau du consommateur. Cela suppose
de penser en termes de rentabilité, d’efficacité, d’utilité, de qualité, d’esthétisme et de
nouveauté. Cela signifie aussi l’expression d’attentes immatérielles à travers des matières.
Par conséquent il était tout à fait naturel pour moi d’appliquer de telles méthodes à la
création de design urbain.
Quand a commencé l’histoire du design d’Agadir?
Agadir voulait une nouvelle identité globale dans le contexte du plan Azur pour le
développement du tourisme au Maroc, qui a été lancé par S.M. le Roi Mohammed VI et le
gouvernement. Le projet englobait l’identité visuelle, la signalétique et le mobilier urbain.
C’était une première au Maroc, en Afrique et aussi dans le monde Arabe. J’ai réalisé
l’identité globale et de marque de Tamuda Bay, la sixième zone du Plan Azur. Un nouveau
logo reflétant la nouvelle identité visuelle de la ville a été réalisé et sera visible sur tous
les imprimés ainsi que sur la signalétique de la ville. Parallèlement j’ai conçu une ligne
complète de mobilier urbain avec bancs, kiosques, garde-corps, abribus, parcs à vélos,
grilles d’arbres, poubelles et éclairage.
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Dans la conception de quel type de candélabre exactement avez-vous été impliqué ?
Les différents types de luminaires que j’ai créés devaient prendre en considération les
exigences relatives aussi bien à l’esthétique qu’à la sécurité. Nous avons choisi la lumière
blanche pour les trottoirs et la lumière chaude pour les rues. Le défi le plus important a
consisté à faire naître une harmonie entre les lampes et les mâts d’éclairage. Le style, qu’il
soit droit ou courbe, la fluidité et par-dessus tout la pureté des lignes des mâts d’éclairage
exigeaient que les luminaires forment un prolongement logique du mât et de sa console.
Quelle forme prennent ces mâts d’éclairage?
Les luminaires sont plutôt discrets. Le design d’un appareil d’éclairage de la voie publique
comprend le mât, le socle et le bras auquel le luminaire est fixé. Le design devait respecter
l’harmonie du concept de mobilier urbain basé sur l’idée de “ligne pure”. Chaque gamme
a été réalisée dans un concept global car pour chaque type de luminaire il existait une
gamme d’abribus, de kiosques, de poubelles, de bancs, de garde-corps, etc. Plusieurs
lignes de mobilier ont été conçues pour des utilisations spécifiques, tels que les voies
d’accès, les avenues, les rues, les allées piétonnes, et toujours en reflétant l’architecture
contemporaine et les couleurs de la ville, de jour comme de nuit.
Quelle était votre mission de conception pour l’éclairage?
Quelle était votre mission de conception pour l’éclairage ?
Pour ce qui concerne l’éclairage, la seule exigence était de faire ressortir le réseau routier
par la qualité et la simplicité de l’esthétique, en rythme avec la campagne et dans le
respect des codes existants. La qualité de l’éclairage comprenait des aspects comme la
sécurité, l’effet de la lumière sur l’environnement, la robustesse et la longue durée de
vie, la facilité d’entretien et la capacité à définir le plan urbain. Agadir est une ville sur
la côte sud au climat chaud toute l’année. C’est la capitale d’une région assez fertile
dont les habitants sont très hospitaliers et généreux. Je voulais saisir cet esprit calme,
contemporain et accueillant, influencé par la nature. Mon design a pris en compte toutes
ces caractéristiques.
Le projet Agadir est un concept global, développé avec un processus et une méthode
originaux et, pour cette raison, la ville est l’une des rares au monde à bénéficier d’un tel
positionnement.
Comment avez-vous choisi l’équipement d’éclairage et qui a été le concepteur lumière?
Philips propose des produits à la fois élégants et robustes qui tiennent compte d’un grand
nombre de contraintes telles que les coûts, les économies d’énergie et le respect de
l’environnement. J’aurais préféré concevoir mes propres luminaires pour Philips, mais j’ai
trouvé que les modèles City Soul et Modena répondaient à mes recommandations et étaient
adaptés au projet.
J’ai été le seul concepteur : pour le mobilier urbain, la signalétique et bien entendu
l’éclairage. Au Maroc le design est assez nouveau et j’ai essayé par tout mon travail de
démontrer que le Maroc est capable de créer et de réaliser des projets importants
Quels aspects de votre design ont été le plus appréciés?
Les codes de la ville ont été respectés, la couleur blanche a été développée sur presque tous
les éléments, les gens ont été ravis de la fonctionnalité du design urbain et les luminaires
se fondent à merveille dans la ville et rappellent le mobilier urbain, parfois il ne s’agit que
d’un détail, une forme, le style…
Aujourd’hui, Agadir présente une nouvelle identité qui apporte une touche de modernité tout
en montrant des liens évidents avec sa culture et son histoire spéciales. C’est probablement
ce que les habitants d’Agadir apprécient le plus : l’identité de leur ville est nouvelle mais
plonge ses racines dans sa propre culture grâce au design.
Entretien par Isabelle Arnaud pour «Luminous» Luxury International Magazine - Philips
Article spécial Hicham Lahlou et le projet d’Agadir sur le numéro de Luminous de décembre 2009.